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Comment choisir mon casque?

Le casque audio en studio est un élément très important. On s’en sert tout le temps et on passe parfois des heures avec celui-ci sur la tête. On l’oublie presque à force de le porter. C’est donc très important de bien le choisir ! La façon dont nous entendons le son sur lequel on travaille est l’élément le plus important pour un résultat convaincant, un mauvais casque (ou mauvais système de monitoring) c’est comme peindre avec des lunettes comme celles-ci.


Voici ce qu’il faut donc regarder pour bien choisir son casque.

Je dirais qu’il y a 5 paramètres pour comparer des casques :

  • Ouvert ou fermé

  • L’impédance

  • La bande passante

  • La sensibilité

  • Le confort

Parlons d’abord de ces paramètres et de leur influence. Ensuite je vous explique ce qui compte pour moi.

Ouvert/Fermé :


Beaucoup de casques que l’on trouve pour le studio ou la scène sont fermés. C’est à dire que la partie qui vient sur l’oreille est une coque complètement fermée. Le son extérieur ne rentre pas (trop) et le son dans le casque ne sort pas. On comprend tout de suite que l’intérêt est de s’isoler d’un milieu bruyant. En studio c’est pratique si vous êtes batteur par exemple. Vous vous enregistrez et vous voulez entendre un clic ou les autres instruments, mais le bruit direct de la batterie couvre tout. Avec le casque fermé vous vous isolez le plus possible de votre batterie ce qui vous permet alors d'entendre mieux les autres instruments et le détail de votre jeu. Autre cas pratique : vous êtes chanteur, quand vous enregistrez vous ne voulez pas que tout ce qui passe dans le casque arrive dans le micro. De nouveau le casque fermé est la solution !







Casque fermé Beyerdynamic DT 770 Pro







Alors pourquoi utiliser un casque ouvert qui lui laisse passer le son et nous isole moins de l’extérieur ?

Le fait de fermer le casque a des conséquences négatives sur l’image stéréo et la réponse en fréquences → le son y est moins neutre, plus coloré. Le casque fermé est donc moins précis dans la représentation stéréo, c'est-à-dire la position des éléments entre la gauche et la droite (tout paraît beaucoup plus large que sur des enceintes ou casque ouvert), et on y retrouve souvent une nette exagération des basses fréquences. Cette exagération est souvent limitée par les fabricants, mais le résultat est moins linéaire et naturel que sur un casque ouvert qui à moins de soucis à ce niveau.


Le casque ouvert quant à lui sonne plus naturel et est plus précis dans la restitution sonore. On va donc le privilégier pour le mixage et le mastering, sauf environnements bruyants.




Casque ouvert Sennheiser HD-650. On voit qu'il est ouvert à la grille qui laisse passer le son.








Il existe des casques semi-ouverts qui sont censés rejoindre le meilleur des deux. Personnellement je vois ça comme un compromis. Un peu des deux mondes mais ni l’un ni l’autre vraiment.


En résumé : casque fermé pour enregistrer ou mixer en live. Casque ouvert pour mixer en studio ou masteriser.

L’impédance :


Pour faire simple, de la fabrication et de la conception de votre casque va résulter une impédance qui change d’un casque à l’autre. L’impédance c’est la résistance que va opposer votre casque à un courant électrique (le son) qui rentre dedans et se mesure en Ohm (non, pas en Buddhas). Plus votre casque sera construit à base d’une bobine de cuivre épaisse avec beaucoup de tours et un fil épais pour donner un meilleur résultat et plus il faudra du courant pour le faire bouger. Voyez votre casque comme une roue de moulin à eau. Plus le casque est bon et costaud, plus la roue est grande et costaude, tout ça pour faire tourner le moulin avec plus de force. Et donc il faut plus d’eau avec un gros débit pour faire tourner la roue, l’eau étant l’électricité, le signal audio dans notre cas.


Du coup on se retrouve avec des casques ayant différentes impédances. Certains prévus pour des smartphones qui ne peuvent pas délivrer beaucoup de courant (entre 16 Ohm et 30 Ohm). D’autres pour du matériel domestique et hifi (entre 30 Ohm et 100 Ohm). Et encore d’autres pour du matos plus pro (au delà de 100 Ohm). Il est donc important d’avoir un ampli casque qui délivre assez de puissance par rapport à notre casque. En général le matériel conçu pour travailler l’audio, comme votre carte son par exemple, est fait pour des impédance plus élevées. Si votre sortie casque manque de « jus » et que votre casque a une impédance élevée, vous pouvez manquer de niveau et avoir un rendu moins correct et moins dynamique dans le casque. Un bon ampli casque alimenté par une sortie ligne de la carte son peut parfois changer très positivement le son de votre casque !

La bande passante :


C’est l’ensemble des fréquences que le casque peut reproduire en partant du plus grave au plus aigu. C’est un paramètre important car plus cette bande passante est large et plus votre casque est susceptible de restituer fidèlement votre son. A noter que c’est bien si le casque descend bas et va haut, mais il faut voir aussi si sa courbe de réponse en fréquences n’est pas rempli de bosses et creux. Et donc voir si certaines fréquences ne sont pas trop amplifiées et d’autres trop absentes. La plupart des fabricants ne proposent pas de courbes de réponse mais vous pouvez les trouver sur certains sites de comparaisons, comme par exemple https://www.rtings.com/headphones/ dont j'ai tiré les courbes pour nos deux casques cités précédemment : Beyerdynamic DT 770 Pro et Sennheiser HD 650.

Il est important de comparer ces courbes avec les mêmes échelles, sinon évidemment la comparaison est impossible 😀.





La sensibilité :


Ce paramètre détermine le rendement en volume de votre casque. Elle se mesure en décibels. C’est le niveau sonore que le casque peut délivrer pour une puissance électrique de 1 milliwatt à 1 Khz. On se retrouve souvent entre 90 dB (décibels) et 120 dB. Plus votre casque a une sensibilité élevé et moins il aura besoin d’énergie pour délivrer un volume sonore égale à un autre casque ayant une sensibilité moindre.

Le confort :


Ça peut paraître secondaire mais si vous passez la journée à enregistrer ou à mixer au casque, je vous assure que vous n’avez pas envie d’avoir un casque qui vous rappelle sa présence. Le poids peut devenir une gêne très rapidement, bien que les casques modernes soient relativement légers. Autre souci potentiel : si une partie du casque provoque une pression un peu trop forte quelque part. Au début ça ne gêne pas trop, mais après deux heures ça devient intenable. Par exemple si c’est un casque supra-aural (qui se pose sur le cartilage de l’oreille), comme le classique Sennheiser HD-25, perso je ne peux pas travailler des heures sans sentir mes oreilles chauffer :).




Il existe d’autres paramètres de comparaison comme le taux de distorsion harmonique par exemple, mais avec les 5 que l’on a vu, vous avez assez pour vraiment faire un choix sans vous encombrer d’infos trop pointues.

Tout ça est évidemment la partie quantifiable de comparaison d’un casque, qui permet de dire si le casque a l’air bon « sur papier ». Le plus important est comment il sonne. Et cette partie, comme tout dans l'appréciation d'un son, reste très personnelle et dépend surtout de vos habitudes d’écoute et votre goût. L’idéal est de pouvoir tester quelques casques au même endroit et avec la même source. Le test en personne est aussi la seule réelle façon de vérifier le confort.

Personnellement quand je choisi un casque, l’important pour moi est : ouvert/fermé, confort et impédance.


- Ouvert/Fermé : Pour du mix je prend un casque ouvert et pour de l’enregistrement, un fermé.

- Le confort : Si je pense plus au casque qui me gène (même un tout petit peu) qu’au travail sonore que je fais, c’est vraiment un handicap. Je dois oublier la présence de mon casque.

- L’impédance : Pour être certain que je suis sur quelque chose de bon et pas une version pour smartphone ou tout du moins trop light. Par exemple le classique DT-770 Pro de Beyerdynamic propose 3 impédances. 32 Ohm, 80 Ohm et 250 Ohm. La version studio et plus pro qui correspond le mieux à mon matos est le 250 Ohm par exemple. Ça vaut donc la peine d'y faire attention avant l'achat.

Dernier point auquel je fais aussi attention : les accessoires. Souvent avec le temps les coussinets (oui c’est mignon comme mot) s’usent et perdent des morceaux. Il faut voir si ils sont remplaçables. Pareil pour le câble, il y a toujours un risque qu’il se casse et que l’on perde le son, il faut pouvoir le remplacer. Sur des casques orienté studio ça devient de plus en plus une norme, avec des câbles amovibles et facilement changeables.

Voilà maintenant vous savez comment trouver chaussure à votre pied pour vos oreilles. Trouver le casque qui vous convient le mieux, et faites de la musique !

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